Le passé me hante à chaque pas que je fais, à chaque geste que je pose. Il me manque le temps de mes 16 ans, où je ne vivais que pour les week-ends, attendre 3h20 pour dévaler les rues du centre-ville avec ma copine Mahée jusqu'au 566 Mc Dougall et d'attendre l'arrivée de mon homme en discutant avec une Mahée qui s'enfile les joints les uns derrière les autres. Les soirées de partys où je finissais soi malade, soi en pleurs parce que je supportais mal l'alcool. Ces innombrables discussions avec mon homme, entrelacés au fond de la baignoire, ces journées entières passées au lit à simplement s'aimer. Ce temps où peut-être, j'ai été réellement heureuse.
Ce goût, je l'ai toujours aimé, même si je détestais la bière parce qu'il était déposé sur les lèvres de l'Homme qui a fait battre mon c½ur si fort que j'ai cru qu'il allait exploser. Cet homme qui m'a montré ce qu'est l'amour, celui qui a hurlé son amour pour moi du haut d'un building du centre-ville et celui qui m'amenait voir les levés de soleil près du fleuve. Chaque fois que je me sens seule, je bois pour me remémorer tout ça et pour l'oublier tout à la fois.


